NGE : un accord aux fondations solides pour les salariés expérimentés

31 août 2026

Peu connu du grand public mais quatrième groupe de travaux publics en France, Nouvelles générations d’entrepreneurs (25 000 salariés ; 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2025) s’appuie sur un dialogue social plutôt bien rodé et efficace. « C’est un groupe jeune, fondé en 2002, où tout le monde se connaît, souligne Frédéric Lozano, délégué syndical CFE-CGC chez Agilis, une des filiales de NGE. Cela favorise les discussions car les parties se connaissent, s’écoutent et se respectent. Au niveau syndical, c’est facile pour nous d’aller toquer à la porte de la direction, presque comme dans une PME. »

NE LAISSER AUCUN SALARIÉ DE 50 ANS ET PLUS SUR LE BORD DE LA ROUTE

La signature début 2026, par les cinq organisations syndicales représentatives (CFE-CGC, CFDT, CGT, FO, CFTC) de l’entreprise, d’un accord dédié aux salariés expérimentés témoigne de ces échanges constructifs. « Nous avons essayé d’anticiper les évolutions législatives sur le travail des seniors en s’adaptant aux spécificités du groupe, explique Frédéric Lozano. L’objectif est de ne laisser aucun salarié de 50 ans et plus (22 % des effectifs de l’entreprise) sur le bord de la route afin d’aménager les fins de carrières et qu’ils puissent transmettre leurs compétences. C’est d’autant plus important dans des métiers à forte technicité comme ceux de la construction, et sachant que ces salariés expérimentés sont souvent des aidants familiaux. »

L’accord prévoit notamment de valoriser le tutorat et les missions de formateur interne, ainsi que l’embauche de salariés expérimentés (700 recrutements par an) et le maintien de cette population dans l’emploi.

Autre axe important : des mesures pour alléger le temps de travail en fin de carrière dont l’accès à la retraite progressive avec le maintien des droits des salariés comme s’ils poursuivaient leur activité à temps plein. Ainsi, les cotisations retraite sont assises sur la base du salaire qui serait versé à temps plein, le supplément de cotisation étant pris en charge par l’entreprise afin que le salarié bénéficie d’une meilleure pension de retraite lors de son départ définitif.

Le texte comprend aussi des compléments sur les mutuelles et des modalités d’abondement du compte épargne-temps (CET) avec l’octroi de jours supplémentaires de congé.

Enfin, pour les salariés étrangers, une cellule d’accompagnement est mise en place pour qu’ils fassent valoir leurs droits à la retraite.

ENDOMÉTRIOSE : UN ACCORD PIONNIER DANS LE SECTEUR DE LA CONSTRUCTION

Récemment, les partenaires sociaux du groupe ont par ailleurs signé un accord en matière de santé et de qualité de vie au travail pour les salariées souffrant d'endométriose, « une maladie chronique aux symptômes parfois extrêmement invalidants », stipule le texte.

Applicable depuis le 1er juin dernier, cet accord pionnier met en place un congé spécifique pouvant aller jusqu’à 7 jours par an pour les collaboratrices concernées. « Ce congé, accessible sur justificatif médical, vise à offrir un cadre professionnel attentif et adapté aux réalités de santé, résume Frédéric Lozano. NGE est le premier acteur du secteur de la construction à mettre en place un tel dispositif. Ces petits pas sont importants et valorisent le travail des équipes syndicales au service des salariés. »

Mathieu Bahuet