Malgré quelques reculs isolés, la pratique du télétravail reste solidement ancrée dans les entreprises comme dans l’identité cadre, souligne une étude publiée le 12 mars dernier par l’Association pour l’emploi des cadres (APEC), menée auprès d’un échantillon représentatif de 2 000 cadres actifs du secteur privé.
STABILITÉ DE LA POLITIQUE TÉLÉTRAVAIL EN ENTREPRISE
Si la volonté de certains employeurs d’un retour des personnels en présentiel revient régulièrement dans l’actualité, à l’image récemment du constructeur automobile Stellantis, la réalité chiffrée tend à démontrer une large stabilité du dispositif. Ainsi, l’an dernier, seules 9 % des entreprises indiquent avoir supprimé le télétravail ou diminué le nombre de jours de télétravail possibles pour leurs salariés cadres.
Dans le détail, cette restriction du télétravail concerne principalement les TPE et PME (respectivement 8 % et 10 % d’entre elles, contre seulement 5 % pour les ETI/GE). À l’opposé, 2 % des entreprises ont augmenté le nombre de jours autorisés, quand 89 % n’ont pas changé leur politique de télétravail. Pour 2026, aucune révolution à attendre : le statu quo de la politique télétravail est plébiscité par 94 % des employeurs.
PRODUCTIVITÉ, QVT ET ATTRACTIVITÉ : LES ENTREPRISES CONSCIENTES DES BÉNÉFICES DU TÉLÉTRAVAIL
Les entreprises déployant le télétravail « sont convaincues qu’elles ont plus à y gagner qu’à y perdre en termes de productivité (45 %) comme de qualité de vie au travail (67 %) », indique l’Apec, des convictions plus fortes encore chez les plus grandes entreprises (61 % et 87 %). Les employeurs sont par ailleurs nombreux, en particulier dans les grandes structures, « à anticiper des effets délétères sur l’attractivité, la motivation et la rétention de leurs cadres en cas de réduction du nombre de jours de télétravail ». Près de 4 entreprises sur 10 (38 %) estiment que cela générerait des difficultés à recruter, 33 % une baisse d’engagement et 23 % des départs de collaborateurs.
Sans surprise, les cadres seraient en effet en grande majorité mécontents si leur entreprise décidait de réduire le nombre de jours de télétravail autorisés (74 %) ou de supprimer le dispositif (80 %). Dans ce dernier cas, près d’un cadre télétravailleur sur deux envisagerait de changer d’entreprise, un chiffre stable depuis 2024, d’après l’APEC.
LA LIBERTÉ DANS L’ORGANISATION DE LEUR TRAVAIL PLÉBISCITÉE PAR LES CADRES
Sur les modalités d’usage du dispositif, une majorité de cadres (61 %) indiquent pouvoir changer de jours de télétravail chaque semaine selon leurs missions et besoins, et 47 % peuvent modifier leurs jours de télétravail en cas d’imprévu, sans nécessité de validation managériale. « Cette liberté dans l’organisation de leur travail est un avantage essentiel aux yeux des cadres, un pilier identitaire désormais associé aux possibilités de travail hybride », analyse l’APEC.
Si 47 % des cadres anticipent une possible évolution des modalités de gestion du télétravail dans leur entreprise en 2026, l’heure est une fois encore au statu quo chez les employeurs puisque seuls 13 % d’entre eux envisagent de réviser les modalités du dispositif au cours des douze prochains mois, précise l’APEC.
Enfin, interrogés sur les trois principaux avantages d’être cadres, ces derniers mettent en avant l’intérêt et le contenu de leur travail (51 %) devant la liberté de choisir l’organisation et les méthodes de travail (43 %) et les avantages financiers (39 %).
Mathieu Bahuet

