3 questions à Cyrille Mancel

03 avril 2024


Secrétaire général du SNATT CFE-CGC depuis l’Assemblée générale élective du 24 mai 2023, Cyrille Mancel nous en dit plus sur son rôle, sa vision du syndicalisme et ses objectifs.



Cyrille, tu es depuis près d’un an le secrétaire général du SNATT CFE-CGC. Peux-tu nous en dire plus sur ton parcours professionnel et syndical ?

Je suis entré chez Veolia il y a 33 ans et j’y gère aujourd’hui un service de location et vente de bacs et de contenants pour les différents types de déchets des industriels. J’ai 53 ans et je suis adhérent à la CFE-CGC depuis 14 ans. Paradoxalement, avant d’adhérer à la CFE-CGC j’avais un a priori plutôt négatif sur l’engagement syndical. À l’époque je voyais ça comme une problématique supplémentaire à gérer dans ma vie de manager. Mais aujourd’hui mon point de vue a radicalement évolué. Je fais notamment partie de ceux qui ont amené « l’encadrement » à participer à la vie syndicale de mon entreprise. Désormais, les encadrants, qui n’étaient pas représentés avant, s’assoient autour de la table pour négocier les accords et être au courant de la vie et des décisions de l’Entreprise et pouvoir y donner son avis. Ça nous permet aussi d’être alertés et d’accompagner nos adhérents de l’encadrement lorsqu’ils doivent faire face à des situations complexes. Nous sommes un relais dans certains cas ce qui permet de résoudre des problèmes pour les salariés.  J’y coordonne également au niveau national toutes les infos des structures Veolia, dans la branche du déchet, pour tous les adhérents.

Mon parcours syndical ? Il début en 2010 lorsque j’adhère à la CFE-CGC. Quelques mois plus tard, je suis élu délégué syndical et 3 ans après, je deviens délégué syndical central. Ensuite en 2017 que je deviens trésorier du SNATT et dans la continuité RUP adjoint de l’union professionnelle du déchet et négociateur au niveau de la branche des déchets pour la convention collective. Chaque étape m’a permis d’acquérir de l’expérience, par l’écoute, l’analyse et les formations pour ces nouvelles missions Mon expérience syndicale fait qu’on m’a demandé de poursuivre davantage mon engagement au sein du SNATT, et c’est tout naturellement que j’ai rejoint l’équipe mise en place par Christophe Le Roy Kerderrien, président du SNATT, en vue de l’assemblée générale élective de mai 2023. Pour finir, j’ai rencontré par cet engagement des personnes incroyables qui se soucient des autres dans un monde du travail devenu très individualiste et cela me porte dans mon engagement.

Être secrétaire général du SNATT, ça consiste en quoi ?

Être Secrétaire Général, c’est devoir organiser la vie du syndicat. Au SNATT, on est comme une petite « PME », avec nos deux salariés, nos adhérents et une équipe pour gérer le tout. Ça comprend notamment la gestion administrative du syndicat et l’organisation de la vie syndicale telles que la mise en place de formations, de conseils syndicaux, d’assemblée générales, de nouvelles idées, etc. Dans ces postes, on doit apporter le même investissement syndical que dans son entreprise pour toutes les unions professionnelles du SNATT et de ses adhérents. Il faut savoir également être tourné vers l’avenir et faire émerger de nouvelles idées pour renforcer notre développement syndical. Être à l’écoute et avoir une vision du syndicalisme innovante, ce sont deux notions clefs lorsqu’on occupe ce genre de responsabilité. De plus, nous représentons l’encadrement et nous devons nous battre pour cette catégorie professionnelle, aussi bien sur des accords salariaux que dans des domaines tels que le bien être au travail (QVCT), par exemple le stress au travail de plus en plus élevé dans notre catégorie, l’articulation vie professionnelle et vie personnelle. Les managers doivent faire face à des conditions de travail dégradées et un management des équipes toujours plus complexe à exercer. Il ne faut jamais oublier que nous ne sommes pas un syndicat comme les autres du fait de notre spécificité catégorielle. S’engager dans ce type de responsabilité, c’est un gros investissement en termes de temps et d’énergie. Il faut concilier vie professionnelle, vie privée et vie syndicale. Je tiens à rester actif dans mon travail de manager chez Veolia. C’est important pour garder le contact avec le monde professionnel et ainsi mieux appréhender les défis à venir pour tous nos adhérents.

Tout ce qu’on fait au SNATT, on le fait bénévolement, en donnant de notre temps. Mais c’est un projet qui me tient à cœur, comme l’ensemble de tout ceux qui sont engagés dans notre équipe. Pour mener à bien ce genre de mission, il faut une équipe soudée, solidaire et dynamique avec qui on est heureux de travailler et de prendre du plaisir…Et c’est le cas ici. Et je n’oublie pas qu’être secrétaire général, tout comme mes précédents rôles syndicaux, m’ont permis de développer énormément de compétences qui me servent, non seulement au SNATT, mais également dans ma vie professionnelle.

Aujourd’hui, quel bilan et quelles perspectives peux-tu dresser ?

Nous allons continuer à innover et toujours mettre en place de nouvelles idées comme nous le faisons depuis bientôt 1 an. Nous sommes le relais des anciens du SNATT avec nos idées. Par exemple, nous avons conçu un « kit nouvel adhérent », lequel contient un ensemble de goodies et documents afin de fidéliser les gens et promouvoir le SNATT (+ de 500 kits déployés depuis juin 2023). On a accéléré sur le digital avec le déploiement d’un nouveau site web et d’une application mobile. Proposer un accompagnement adapté à nos adhérents est un axe qu’on développe continuellement. On essaye de se diversifier le plus intelligemment possible : ça va des permanences juridiques que l’on propose tous les mois, à la mise en ligne, sur nos nouveaux outils digitaux, d’analyses juridiques rédigées par notre avocate, ou encore le fait d’offrir à tous nos adhérents un accès à Toutapprendre.com. Et c’est aussi développer et mettre à jour nos formations ou encore proposer des conférences sur des thèmes porteurs…En plus d’être une vraie aide pour tous les adhérents, cela permet de créer du lien avec eux, car se battre pour conserver des acquis dans des entreprises où les négociations sont de plus en plus compliquées, ça ne suffit pas.

Notre mot d’ordre, c’est l’amélioration en continu pour notre développement.